35 posts tagged “rigolos”
Cela faisait déjà plusieurs années que le Révérend descendait à l'hotel pour ses vacances oeucuméniques. Il avait pris ses aises et était accueilli les bras en croix, je veux dire, à bras ouverts!
Il faut dire qu'il avait une bonne tête d'Irlandais sympathique avec favoris rouquins brousailleux, belle bedaine éthylo-lipidique et costume noir grand chic avec son petit col blanc. Il abandonnait le vin de messe - mais y en a-t-il chez les protestants?- pour les chateaux du Bordelais et demandait expressément toujours les mêmes chambres. Celles qui ne communiquaient pas par la porte, mais par le balcon extérieur.
Le Révérend était accompagné d'un "aspirant" Révérend plus jeune, à la peau moins couperosée, au ventre plus plat, et au visage plus glabre, mais avec la même mise. L'après midi était dédié au repos et ils se retiraient dans leur chambres respectives.
Le Révérend supérieur attendait un fax urgent de son ministre et m'avait demandé de le lui faire porter aussitôt qu'il arriverait. Ce que je fîs.
En frappant à la porte, le "oh yes!" enthousiaste que j'obtins en guise de réponse, m'engageât à pousser la porte et à entrer sans me faire prier. L'aspirant Révérend était nu, dans la position du prieur. Non pas celle du chrétien agenouillé, mais dans celle du prieur musulman, courbé vers la Mecque et le Révérend supérieur dans un étât de grâce le bénissait de son goupillon personnel.
Ils ne m'ont même pas vu, ni entendu. J'ai déposé le fax sur la console, refermé la porte silencieusement pour ne pas les gêner dans leur prière.
J'ai compris depuis ce qu'est le mystère de la foi et que les voies du Seigneur ne sont pas si impénétrables. Amen.
Voici donc la réponse à ma question qui devait vous permettre de trouver l'indice. C'est sur! ça casse pas trois pattes à un canard de Challans - mais quand même!
Notez également sur la photo (particulièrement devant Rachida) la taille de la serviette pliée qui en dit long sur sa taille dépliée!...
Pour un peu qu'elle soit damassée et brodée aux armes des Windsor, sur que le nain l'a gardée pour en faire un drap chez lui!
Vu, la semaine dernière aux Gets ( The "guetz" for English & parisian people) avec l'indéfectible ami "Bernou le Grand Loup", cette étrange présentation pâtissière d'objets de toilettes.
Ou l'art de faire passer la corvée de toilette pour un plaisir à déguster.
Ou comment faire un cadeau en insinuant: "je préfère quand tu sens la crème pâtissière plutôt que le pâté de campagne!"...
Pas d'autre choix dans la date!
C'est aujourd'hui que les anémiés de l'imagination vont tout mettre en branle pour éblouir, ou aveugler leur moitié. Comme s'il suffisait d'un jour dans l'année. Mais si le tsunami culturel qu'est devenu la Saint Valentin ringardise les participants, elle a le travers de ringardiser également dans les conversations du lendemain, ceux qui boycottent.
Comme taquiner m'amuse, mon Amour, ce soir, même si tu es loin de moi, voilà le menu que j'ai préparé pour toi:
pour commencer un amuse-bouche avec une vin de paille
(J'aime le gout de ce joli blanc)*
et en souhaitant que ce coup de blanc ne nous aura pas grisé,*
nous nous enfilerons un bouillon de courge,*
et sa gamelle de morilles en toute simplicité,*
Une belle tourte de cailles farcies en grappes,*
De belles frites dorées,*
et des petits pois pour dîner.*
On escalopera une salade,*
Une mousse à la pistache,* ou l'Entremets "Deux" et son coulis royal,
Et un petit marc très doux,* ou mieux encore, une vieille fine sans dépôt.*
On ne sera pas pressés pour dîner.*
Pour l'accord mets & vins, tu peux me faire confiance, ce sera tout de mon cru.*
Je sais que tu n'aimes pas contrepéter
et comme nous serons ce soir séparés
de ton absence j'ai profité pour me laisser aller
*Merci de contrepéter à chaque astérisque!
Marcel est ce genre d'étrange voisin à idées fixes qui dévisse les ampoules de la coproppriété pour faire profiter à celle-ci d'économies d'énergie substancielles, mais aussi d'une forte augmentation du budget ampoules. Puis son idée se déplace vers la solution finale des limaces de la pelouse des communs pendant quelques temps. Marcel comme vous l'avez deviné est seul. Sa femme en a eu marre et l'a plaqué. Mais il préfère être seul que mal accompagné. C'est pour ça qu'il a choisi Newton, gros clébard puant, agressif et neurasthénique qui éponge le caractère de son maitre. Newton aboie après Kwaï, chien berger allemand des voisins les plus proches, à qui il voue une haine digne de Bette Davis à Joan Crawford dans "Qu'est-il arrivé à Baby Jane". Marcel le laisse faire, ça l'amuse de faire chier le monde par chiens interposés. Ils se sont bien trouvé tous les deux. Mais la famille n'était pas assez grande, alors Marcel a adopté une chatte. Poil touffu et hirsute à l'image de Papa, Agathe la chatte est une sauvage hypercontemplative qui se poste en hauteur et surveille les allées et venues. Personne ne peut la caresser, si tant est que quelqu'un eut envie de mettre la main dans sa toison galeuse qui n'a jamais vu un peigne. Agathe guette, Newton tonne et Marcel harcèle.
Tout récemment, Marcel s'est entiché d'un mignonnet lapin nain qui lui pose bien des problèmes. Le lapin voue un amour passionné à Agathe et l'honore journellement de ses assiduités libidineuses."Et un lapin, j'te dis pas, quand ça y va, ça y va" m'a dit Marcel découragé de voir sous son toit ce qui ne se passe plus dans son lit. Agathe, elle-même amusée un moment, n'en peut plus d'être prise comme lapine.
Alors, comme dans les entreprises, Marcel a tranché, c'est le dernier arrivé qui va passer à la casserole. Marcel m'a confirmé que c'est au sens propre du terme!....
...avaient annoncé les charmants touristes avec leur fort accent américain en arrivant à la réception. Lui devant, Ray-ban écran 16/9è, épaules dénudées par un Marcel plus très frais, bermuda Tommy Hilfiger rehaussé de la très seillante ceinture portefeuille comprimant une brioche avancée, poils aux pattes et Nike aux pieds. Elle derrière, jogging rose shamallow, baskets roses, petit haut rose malabar, et casquette visière assortie à ses lunettes....roses.
"Mais bien sur, venez donc bouffer", reprenais-je en leur emboitant le pas, devant mes collègues hilares de la réponse aussi spontanée que leur question.
Arrivant sur la terrasse. "ah, mais vous n'avez pas "bouffé"?!
Comprenant alors la méprise "non, je regrette Monsieur, nous ne faisons pas de buffet"...
Comme je vous le disais plus tôt, Célestin était toujours pressé. Si par malheur le service des petits déjeuners n'avait pas commencé assez tôt à son goût, ou afin d'échapper au jus de 9h30 à 10h30, il avait mis au point un ingénieux stratagème qui lui permettait d'accélerer le départ du service et de l'étaler. Il lui suffisait d'ameuter le quartier, réveiller les clients avec ses complices, sans que personne n'eût l'idée de venir s'en plaindre.
Il avait habitué les mouettes du coin à une soupe populaire, et celles-ci s'étant passé le mot, le cercle d'habituées s'était rapidement élargi. A heure fixe, aux beaux jours de l'été, les volatiles s'agglutinaient en silence sur le ponton, ou sur les ondes claires du lac, dans l'attente de leur pitance providentielle. Leur nombre grandissait en silence, façon les "oiseaux" de Hitchcock, en moins horrifiant.
Alors débarquait notre Célestin furibond avec un énorme panier de pains et vienoisseries rassis de la veille, à grandes enjambées, en faisant crisser le gravier de la terrasse. A sa vue la légion commençait à prendre son envol et à tournoyer afin d'intercepter au vol les brassées de tartines qu'il allait leur balancer à la volée. Dans l'euphorie et l'enthousiasme, les bestioles se mettaient à crier dans une cacophonie tonitruante et disgracieuse. Puis soudain, sans être rassasiées, on les voyait s'éloigner à titre d'aile en poussant des hurlements stridents et gutturaux. En deux minutes il n'y en avait plus aucune sur place. La clientèle était réveillée, aux fenetres pour voir le beau spectacle de la nature....et commander son petit déjeuner.
Célestin avait fini par m'avouer qu'il imbibait le pain de tabasco afin de pousser ses copines les mouettes à des réactions sonores plus tapageuses. Sainte Brigitte Bardot priez pour nous.
En conclusion, on peut donc démontrer ceci:
1) la mémoire implicite: oui, la mouette a une mémoire implicite puisqu'elle a conscience que chaque matin un repas lui sera servi, et elle s'y rend
2) la mémoire visuelle: oui, la mouette reconnait bien Célestin quand il arrive avec son panier, puisqu'elle prend son envol afin de s'approcher pour être la première servie.
3) la mémoire gustative: c'est là en revanche qu'il y a défaut et que l'on peut dire qu'elle a une cervelle d'oiseau.
Mais bon, il faut bien reconnaitre que les mouettes ne sont pas les seules à être mal lotties dans le règne animal. Regardez les clients du Mac Do; on a beau leur servir de la m.... tous les jours, ils y retournent quand même.
Célestin le chef de rang était toujours pressé. Le moindre de ses mouvements accusait la brusquerie. Il faut préciser que les culs de bouteille qui lui servaient de lunettes ne faisait qu'accentuer le flou artistique dans lequel il plaçait ses évolutions. A force de démoulages répétés sur les décolletés, de chocs frontaux avec les guéridons et bousculades de collègues dans la très guindée salle de restaurant, les patrons avaient dû se résigner à le reclasser. Pour ne pas le virer purement et simplement on le fit monter dans les étages au lieu de le faire monter dans la hiérarchie, là où on le jugeait plus à sa place. On pretexta la compassion, mais l'arrangement n'était pas loin car sa très efficace moitié Simone, Chef de réception était également le bras droit de la patronne dont elle ne se serait pas séparée pour tout l'or du monde.
En perdant un ministère au restaurant, Célestin gagna un royaume dans les étages et se mit à régner sur sa cour de femmes de chambres. Avec sa gueule cabossée, ses cratères frontaux, lointains souvenirs de chocs violents, il avait néanmoins réussi à s'attirer les faveurs de Marie-Thérèse la montagnarde, austère et silencieuse Baujue, originaire de Lécheraines, patrie du cyclamen.
Un soir où j'avais eu besoin de serviettes, j'avais traversé la cour pour rejoindre la lingerie. Elle était plongée dans le noir et je cherchais à taton la lumière. Quand les néons s'éclairèrent, mon Célestin était en train de donner un coup de canif dans le contrat avec la Marie Thèrése entre deux piles de drap propres.
Célestin comprit très vite qu'il pouvait bénéficier de la complicité masculine pour ma discrétion, et en toute confiance, sa sympathie me fût d'emblée acquise.
En revanche, à partir de ce jour, la très pieuse Marie Thérèse n'osa plus croiser mon regard jusqu'à sa retraite, tiraillée entre la honte de ce que la morale réprouve et la satisfaction de ce que le bon sens recommande.
On me demande souvent dans mon métier d'être physionomiste. Et je crois pouvoir dire "je le suis!"
mais vous? Sauriez-vous reconnaitre ce jeune et talentueux chef aux balbutiements de sa très médiatique carrière?
Le poisson était dans l'oeuf!
je veux bien offrir une coupe à celle ou celui qui trouve!