52 posts tagged “rigolos”
Elle était monégasque, oisive, roulait en Bentley, promenait son cul, non pas sur les remparts de Varsovie, mais à Gstaad en hiver et à Porto Cervo en été, puis venait se mettre au frais en septembre à Talloires. Avec son vieux mari qu'elle aimait très cher, et une copine qui s'offrait au regard de Monsieur et à la langue de Madame.
Je les entendait l'autre jour caqueter toutes les deux devant la vitrine Chopard du hall de l'hôtel: "Je ne sais pas si j'aimerais une montre comme ça. Même si j'étais riche".....
Une ébauche de la théorie de la "relativité"?
...petite fable du 21ème siècle par Godon de la Fontaine.
Minuit - intérieur nuit - Hotel de luxe -
2 couples en fin de repas viennent terminer la soirée au bar. Les hommes vont s'asseoir dans les chesterfield pour se montrer "c'est qui qu'a la plus grosse" montre Rolex, le plus "technolodjik" Iphone, et le plus "powerful" Audi Q7.
Les femmes, un clone de Vic Beckham et un clone de Cindy Lauper ( ben oui y'en a une qui a moins de chance que l'autre) viennent au comptoir. Les tabourets hauts du bar mettent en valeurs leurs grandes jambes fuselées qui dépassent de leurs robes Couture à paillettes ultra courtes. De plus le barman, chauve comme Monsieur propre, ancien légionnaire à l'allure martiale a une charge érotique très forte qui leur taraude la progéstérone.
Victoria:
- Barman, voulez-vous montrer à mon amie la précieuse bouteille que vous m'avez montrée la dernière fois?
Barman:
- ????
Victoria:
- souvenez-vous c'était une bouteille qui datait de Louis XIII
Barman:
- Ah oui certainement, la voilà Madame, Louis XIII de Rémy Martin, qui renferme 1200 eaux de vie anciennes les plus rares de Rémy Martin dans un flacon de cristal.
Victoria
- en baraka le flacon!
Barman
- ...............absolument, en Baccarat Madame.
Victoria
- Et vous avez d'autres raretés dans le genre?
Barman
- Bien sur Madame, le Cognac Napoléon.....qui date de Napoléon bien sur.
Cindy
- Dingue mortel, et de quand date la plus vielle bouteille que vous ayez?
Barman
- de 27, Madame.
Cindy
- 1927? Cest après Napoléon et Louis XIII ça !?
Barman
- non Madame, 27, l'an 27 après Jésus Christ
Cindy et Victoria (en coeur)
- Noooooooon !? on veut la voir!
Barman
- la voilà Mesdames. 27, Get 27!
Moralité : parfois, pour briller en société, il vaut mieux rester dans sa robe à paillettes.
Aucun voyage ne peut être envisagé sans une découverte physique, gastronomique et sensorielle. Et malgré cette quatrième visite à Marie Galante où nous avons fini par poser les pieds avec notre reblochon liquide et mou, nos chocolats et notre foie gras maison, ces quinze journées là-bas nous auront encore permis de faire des découvertes. C'est Nini, dans son lolo à Vital, Capesterre qui fût notre muse gastronomique cette fois-ci. Etrange Nini qui nous avait convié à un Bébélé que nous n'avons pas osé refuser après qu'elle nous eût raconté comment elle avait planté une machette dans le front de son mari qui l'avait humiliée. Elle l'avait malgré tout emmené à l'hopital où le médecin avait chercher à lui faire avouer son geste mais elle avait très candidement prétendu que c'était un "accident"...Sept ans plus tard le divorce est toujours en cours et le mari a déménagé. Donc nous avons gouté aux pois d'Angol, au Bébélé, ragout de tripes aux dombrés, sortes de pâtes antillaises, et aux groseilles pays qui ressemblent beaucoup au bissap africain de par sa couleur rouge vive et son goût acidulé. Et pour finir, Nini nous offrît un régime de ses bananes. Qu'on décidât de faire flamber au rhum Bielle à 59° un peu plus tard. Ces bananes furent le signal d'alarme de ma mémoire. Comme le goût des madeleines est à Proust le déclencheur d'émotions passées, "Banane flambée" fût mon sésame aux souvenirs :
Des amis de mes parents que nous fréquentions souvent, parlaient régulièrement d'un ami commun, surnommé "banane flambée", dont l'évocation à mots couverts et rires sarcastiques associés ne pouvaient qu'intriguer l'enfant que j'étais. Le mystère qui l'entourait m'avait fait échafauder un portrait tout aussi amusant qu'il l'était pour mes parents. Monsieur Banane flambée était pour moi qui avait déjà un peu l'imagination tous azimuth, une espèce de zouave de Banania dont la mèche allumée aurait fait exploser la chechia, en laissant des traces de poudre sur le bout du nez! Plutôt un Banania flambé en fait! Et donc je riais aussi dans les conversations adultes de Monsieur Banane flambée, sans n'y rien comprendre sauf de la représentation que je m'étais faite du personnage.
La clé du mystère me vînt à l'adolescence quand je partis passer des vacances avec les amis concernés. L'image associée à la vision de "Banane Flambée" commençait à prendre comme mon système pileux un developpement inattendu ! Et habilement au cours d'un dîner, je remis le couvert sur "Banane flambée" pour soulever le voile du mystère.
"Banane flambée" formait avec sa femme un couple très honorable. Lui était artisan et elle une femme bien mise, que d'aucuns critiquaient peut être de se trop maquiller. Il est vrai qu'elle s'occupait aussi bien de son ménage que son apparence et avait monté un salon d'esthétique à domicile à force d'achats compulsifs de produits cosmétiques. Un jour était dédié aux pieds, un aux cheveux, un aux mains. C'est le jour des mains qui fût fatal à "Banane Flambée". Madame "Banane Flambée" avait jeté aux toilettes le résidu de ses produits, dissolvant compris. Qui se dissociat de son émulsion pour remonter à la surface de l'eau stagnante. Quand "Banane flambée" rentrât du travail et se posât tranquillement sur son trône, peût être créat-il un caisson de compression des gaz d'acétone. Puis il allumât sa clope, écartât les jambes et jetât l'allumette dans la cuvette. Explosion et flamme! Boum!
Par chance l'histoire se révélât moins dramatique dans son dénouement tragique ( et je pèse mes mots avec le "denouement") si ce n'est que moi comme tout le monde, avons tous oublié le vrai nom de ce monsieur et qu'il reste à jamais, "Banane Flambée"!
....Incroyable mais vrai! Le reblochon est un liquide!
Il n'est pas de vrai savoyard qui ne se déplace en voyage sans emporter avec lui une part identitaire de son territoire, à savoir: du reblochon. Lorsque nous sommes partis dans les iles dernièrement nous avions pris soin d'emballer sous vide les précieuses victuailles destinées aux ripailles de la Saint Sylvestre.
Or voilà qu'à la sécurité aéroportuaire helvétique, et en vertu des nouvelles consignes de sécurité en vigueur depuis 2 ans, après visite de notre glacière à trésors, on accepta sans problème le foie gras, les chocolats, le beaufort, mais pas le reblochon.
"Ah non Monsieur, ça va pas jouer, ou bien? Soite vous réenregistrez pour le faire partir en soute, soite nous devons le détruire, ou bien?"
"Et pourquoi?"
"Et bien regardez sur la liste Monsieur, le reblochon est un liquide mou, ou bien?"
...et les petits suisses sur ta g....., c'est du liquide mou......Ou bien?
Sam est stagiaire en cuisine. Il a été délocalisé de sa région natale et le sevrage avec sa mère a été un peu brutal à son goût. Lui qui ne demande qu'à en devenir un, se retrouve au milieu d'une brigade de vrais hommes qui ne prennent des gants que lorsqu'il s'agit d'hygiène. Pour faire court et local, Sam est un cacagnolet. Estampillé Tanguy pour ses difficultés à l'indépendance et Caliméro pour son goût du martyr.
Il arriva des offices très dicrètement par la porte du bureau. Je sens sa présence derrière moi, il reste silencieux. Je me retourne et le voit qui me montre son index tendu avec une grosse perle de sang bien rouge. Son regard est suppliant à vous soulever des larmes devant toute la détresse exprimée par ses grands yeux tristes. Et je dis ce qu'il ne fallait pas dire "Ben alors mon poussin, on a fait un gros bobo?" Comme lorsque l'on s'adresse à l'enfant qui vient de faire la culbute, il y a deux alternatives: soit on se précipite et l'enfant fond en larmes pour se faire cajoler, soit on fait mine de rien, on lui dit de se relever et il repart dans ses jeux comme si de rien n'était. Donc, la phrase de trop, c'était le bobo.
Et voilà que le Sam vire au teint blafard à faire pâlir d'envie les gothiques et s'effondre sur le carrelage. Deux bonnes claques pour redonner du rose aux joues, les jambes en l'air pour activer la circulation au cerveau, et notre Sam est de retour sur terre. Devant tant de désarroi, la mère qui est en moi se réveille et fait preuve d'empathie, se décide à le soigner, prend de l'alcool et du coton et désinfecte la grosse plaie. Et là, époustoufflant! aucune coupure, le Sam a déjà cicatrisé!
"Mais où t'es-tu coupé, Sam? il n'y a aucune coupure sur ton doigt!"
"Je ne me suis pas coupé, c'est en vidant un poulet et je suis allergique à la vue du sang".....
Bonne chance dans ton futur métier Sam!
...Entendu chez l'un de nos célèbres confrères [dont le patronyme rappelle un département sans y accoler l'adjectif] d'un facétieux chef de rang présentant à ses clients japonais non francophones des cromesquis et les priant de se servir en annonçant :
-"Ce sont les petites couilles à Guy"
- "Kuyagi? ahaaaa, Kuyagi! Arigato!
Toutes les années en juin depuis sa sixième, la vieille dame digne avait pris l'habitude d'amener sa petite-fille pour fêter avec elle le passage au niveau supérieur de ses études. Comme une maitresse qui distribuait des bons points.
Vint l'année du bac. La brigade les attendait en faisant la haie d'honneur, félicitât la récipiendaire et offrit le champagne en guise de congratulations. Nos hôtes assez peu enclines d'ordinaire à la boisson, s'enhardirent à prendre également un bon cru bordelais pour accompagner le repas. Et à trop charger la mule, ce qui devait arriver, arrivât. La grand mère eût juste le temps de se pencher dans sa serviette pour rendre le menu qu'elle avait ingurgité. A table, à la romaine!
Un chef de rang empressé se chargeât aussitôt et en toute discrétion de la débarrasser du renard emprisonné dans les broderies anglaises. il posât dignement le paquet sur son plateau en argent, traversa la salle, franchit la porte de l'office et, dépliant la serviette et dispersât le gastrique contenu dans la poubelle. Il entendît dans la chute du bol alimentaire un bruit net qui présageait d'une lourdeur inhabituelle pour une gerbe molle. Interloqué, il observât le fond de la poubelle par curiosité...et découvrît gisant parmi l'immonde fumet,....le dentier de la mémée!
Elle était arrivée à la nuit la star, à l’issue de son concert à Lausanne dans sa grande et discrète limousine. Elle avait été suivie par sa meute de groupies hystériques qui avait été contenue à l’extérieur de l’enceinte de l’hôtel. Les plus téméraires avaient resquillé par les haies et étaient venus s’agglutiner sous ses fenêtres pour attendre dans un silence cérémonieux le réveil de l’idole. A 7 heures du mat’ un admirateur que les heures sans sommeil n’avaient pas encore rompu assaillait Célestin le Cabossé (voir note) pour qu’il transmette un ours en peluche avec un message de sa part à l’icône. A 15 heures quand la star descendit avec sa cour de mignons protecteurs et dédaigneux pour prendre une collation après sa nuit de sommeil, les derniers zombies déambulaient encore à l’extérieur, espérant apercevoir la crinière flamboyante à travers les vitres du restaurant ou ses beaux yeux tristes derrière ses lunettes noires.
Bien entendu l’ambiance générale à l’intérieur du restaurant s’était électrisée et les serveurs s’accéléraient dans tous les sens pour la voir. Au réfectoire déjà, le sujet de conversation avait tourné exclusivement autour d’elle. On pressait les femmes de chambre ou l’équipier de questions « tu l’as vue, tu l’as vue ? » Elle était le centre des enthousiasmes, des phantasmes, et l’unique sujet de conversation.
C’est le lendemain matin après son départ, que Célestin est venu m’offrir le gant de toilette usagé de la star. « Tiens je l’ai trouvé dans sa chambre » « écoute, c’est bien sympa de ta part mais bon, t’as pas mieux à me proposer que son gant de toilette » « regarde dedans, je l’ai trouvé sous son lit » Soigneusement plié, d’une infinie douceur, l’unique objet de mon exaltation, le magnifique string couleur pêche rosée de la star venait de m’être offert !
Comme Colomb a découvert l’Amérique, comme Howard Carter à découvert le tombeau de Toutankhamon, comme Pasteur a découvert la rage, j’ai vécu moi aussi ce moment de grâce d’avoir découvert un trésor. Et j’ai souhaité aussitôt le partager avec mes collègues et amis. La petite culotte est passée de main en main avec la même curiosité. Et tu me croiras si tu veux cher Lecteur, mais systématiquement la réaction a été identique !
Pour savoir si tu es comme tout le monde, tu peux faire le petit test ci après.
Finalement la relique a été lavée effaçant toute preuve par l’ADN de la propriétaire d’origine. Mais elle est toujours vénérée chaque jour que Dieu fait. Je l’ai offerte à une amie lesbienne fétichiste qui l’a encadrée dans son salon !
En ces temps troublés de ténèbres financières pré-apocalyptiques, nos mégevanes en goguette aux deux "AA" emblématiques, étaient descendues dans la vallée pour claquer leur black accumulé pendant la saison d'été. Avec un accent seizième arrondissement de Megève l'une d'elles décréta très hautaine "Vous comprenez à cette époque de l'année, tout est fermé. Megève redevient un village paysan."
"poules de luxe, poules aux oeufs d'or, c'est tout la même basse-cour"
photo d'une mégevane empruntée à la Galerie de Bobby Salinas sur flickr.com